Les robots humanoïdes cloués au sol alors que les compagnies aériennes américaines se précipitent pour combler un vide réglementaire

Un robot de 34 kg nommé Bebop a provoqué un retard d’une heure sur un vol Southwest d’Oakland à San Diego en mai 2026. L’équipage n’a pas pu déterminer où l’asseoir ni si sa batterie respectait les limites légales. En quelques jours, Southwest avait réécrit sa politique bagages, et fin juillet, United et Delta avaient emboîté le pas avec leurs propres restrictions.

Les trois plus grandes compagnies américaines interdisent désormais le transport de robots humanoïdes en bagage à main, en soute ou en fret. Les interdictions couvrent tout appareil conçu pour ressembler à un humain ou à un animal par son apparence, sa taille, ses mouvements ou son comportement, quel que soit son usage déclaré. Les appareils électroniques grand public, y compris les robots jouets, les aspirateurs robots et les gadgets conventionnels, restent autorisés à condition de respecter les règles existantes sur la taille, le poids et les batteries au lithium.

Les incidents déclencheurs impliquaient deux robots disponibles dans le commerce. Stewie, un humanoïde de 106 cm (3,5 pieds) construit par la startup RentBots, a volé de Las Vegas à Dallas en mai après avoir acheté son propre siège. Le propriétaire a mis en ligne une vidéo du voyage, et la séquence s’est rapidement propagée. Bebop, un robot de 1,2 mètre (4 pieds) pesant environ 34 kg (75 livres), a provoqué le retard de Southwest quelques jours plus tard lorsque l’équipage a soulevé des inquiétudes concernant sa batterie de 421 wattheures (plus de quatre fois la limite de 100 wattheures que la FAA autorise pour les batteries lithium-ion en cabine sans approbation spéciale).

La question des batteries est au cœur opérationnel du problème. Les robots humanoïdes conçus pour un usage domestique et industriel léger utilisent généralement des batteries qui dépassent de loin les seuils de l’aviation. Le Unitree G1, un humanoïde grand public courant, est livré avec une batterie d’environ 421 wattheures. Le Figure humanoïde, une machine plus robuste, transporte une batterie de 2,3 kilowattheures (environ 14 fois la limite standard pour les passagers de la FAA). Les règles de l’aviation ont été écrites pour les ordinateurs portables, les téléphones et les outils électriques, pas pour des systèmes de batteries capables d’alimenter une machine qui marche et gesticule pendant un vol de six heures.

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Make a difference

Aucune directive de la FAA ou du ministère des Transports ne précise actuellement comment classer les robots humanoïdes pour le transport aérien. Les compagnies aériennes agissent sous leur propre autorité pour restreindre les marchandises dangereuses, un cadre conçu pour les liquides inflammables et les gaz comprimés, pas pour des machines articulées dotées d’un ordinateur embarqué. Ce vide réglementaire rappelle la période de 2016 où les hoverboards ont été interdits dans les vols après une série d’incendies de batteries, avant que des règles formelles ne soient adoptées.

L’interdiction d’United, effective depuis le 23 juillet, s’étend aux envois de fret ainsi qu’aux bagages des passagers. La politique de Delta est qualifiée de temporaire, laissant la place à une révision une fois que des normes sectorielles émergeront. American Airlines est la seule grande compagnie américaine sans restriction publiée concernant les robots humanoïdes.

Les interdictions ne s’appliquent qu’au transport de passagers et de bagages. Japan Airlines et Airbus ont tous deux testé des robots humanoïdes pour la manutention au sol et les tâches de fabrication d’avions dans des environnements industriels contrôlés. Pobeda, une filiale d’Aeroflot, a fait voler un robot Unitree G1 à bord d’un Boeing 737 classique en Russie plus tôt cette année sans incident.

L’industrie de la robotique a pris note. Aaron Mehdizadeh, le fondateur de RentBots qui a fait voler Stewie sur Southwest, a publié sur les réseaux sociaux que ce voyage avait fait interdire les robots humanoïdes par la compagnie aérienne, reconnaissant le résultat avec un ton mêlant ironie et fierté. La question sous-jacente est sérieuse: alors que les robots humanoïdes entrent sur le marché grand public à des prix qui chutent rapidement, le système aérien n’a pas de réponse calibrée sur la manière de les transporter en toute sécurité.

Sources: US airlines banning humanoid robots from flights (Interesting Engineering, 28 juil.); United Airlines bans humanoid, animal-like robots from flights (PCMag, 28 juil.); United and Delta ban humanoid robots from flying as passengers (View from the Wing, 28 juil.); Southwest bans humanoid robots (USA Today, 15 mai)

Traduit par Lydie

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