L’Iran interpelle des diplomates français et accuse Paris d’ingérence

Le 19 juillet, l’Iran a interpellé deux diplomates français à Téhéran, les a retenus pendant quatre heures et, selon le ministre français des Affaires étrangères, a frappé l’un d’eux. Plus d’une semaine après, le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de France pour exiger des excuses.

L’incident a débuté lorsque des agents de sécurité iraniens ont intercepté deux membres du personnel diplomatique français dans un lieu privé à Téhéran. Les deux personnes ont été retenues sans accès aux communications pendant quatre heures. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que l’un d’eux, un conseiller culturel, avait été molesté et frappé. Ils ont été libérés le lendemain et ont quitté l’Iran immédiatement. Les deux se trouvent désormais à Paris et ont refusé de retourner à Téhéran.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a accusé la France d’agir sous de faux prétextes liés à la promotion des droits humains et à la défense de la société civile. Dimanche, le ministère a officiellement convoqué l’ambassadeur de France, Pierre Cochard, pour exiger des excuses.

Jean-Noël Barrot a qualifié cette détention d’agression préméditée et délibérée, estimant qu’elle visait à intimider la France pour la pousser à retirer son soutien à la société civile iranienne. Lors d’un entretien sur France Inter le 23 juillet, il a déclaré que le régime tentait par tous les moyens de dissuader la France de continuer à soutenir le peuple iranien, mais que la France poursuivrait son engagement.

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Les diplomates détenus géraient des programmes de soutien aux étudiants iraniens, aux artistes cherchant des opportunités d’études en France, des cours de français et des services consulaires.

Le Quai d’Orsay a répondu à la dernière convocation iranienne par un communiqué indiquant qu’il ne commente pas les provocations iraniennes et que les faits sont clairs.

Cet incident constitue la dernière détérioration en date des relations entre la France et l’Iran, déjà mises à l’épreuve par le programme nucléaire iranien, le soutien de Téhéran à la guerre de la Russie en Ukraine et l’hostilité de l’Iran envers les gouvernements européens qui critiquent son bilan en matière de droits humains. La France n’a pas expulsé le chargé d’affaires iranien à Paris.

Traduit par Lydie

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