Le berceau de la civilisation japonaise rejoint la liste du patrimoine mondial

Le berceau de l’État japonais est désormais officiellement un site du patrimoine mondial. Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, réuni à Busan, en Corée du Sud, a voté dimanche l’inscription des « Asuka-Fujiwara : sites archéologiques des anciennes capitales du Japon et propriétés connexes » sur la liste. Il s’agit du 27e site du patrimoine mondial du Japon, 22 sites culturels et cinq sites naturels.

Il a fallu environ 15 secondes au comité pour annoncer la décision. Dans la ville de Kashihara, où se trouve une partie du site, un lieu de projection publique a attiré environ un millier de personnes. Elles ont applaudi et lâché des rubans dorés lorsque l’annonce a été faite.

Les 19 sites archéologiques répartis dans la préfecture de Nara datent de la période Asuka (538-710), l’une des époques les plus décisives de l’histoire japonaise. Pendant cette période, le premier État centralisé du Japon a pris forme. Le bouddhisme est arrivé de la péninsule coréenne. Les institutions politiques sont passées d’un régime clanique à une bureaucratie impériale. La première capitale à grande échelle a été construite à Fujiwara, une métropole planifiée sur le modèle du Chang’an chinois, bien qu’elle n’ait duré que 16 ans avant que la capitale ne soit déplacée à Nara.

Les sites clés racontent cette histoire à travers des fondations plutôt que des bâtiments encore debout. Le site du palais d’Asuka, où quatre empereurs successifs ont régné, est aujourd’hui un champ herbeux avec des trous de poteaux excavés. Le site du palais de Fujiwara offre une large plaine avec des piliers reconstitués marquant l’emplacement de la salle d’audience. Le tumulus d’Ishibutai, une chambre en pierre massive, reste l’une des structures les plus reconnaissables de la période.

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Deux tumulus du groupe ont livré des découvertes extraordinaires. La tombe de Takamatsuzuka contient des fresques aux couleurs vives représentant un cortège courtois. La tombe de Kitora abrite le plus ancien charte astronomique encore existant en Asie de l’Est, peint sur son plafond. Les deux sont fermés au public mais largement documentés.

Cette inscription est le premier nouveau site du patrimoine mondial du Japon en deux ans, après le complexe minier d’or et d’argent de l’île de Sado en 2024. La Première ministre Sanae Takaichi, originaire de la préfecture de Nara, a qualifié les sites de « trésors japonais devenus des trésors mondiaux ».

Moins remarqué mais digne d’intérêt : la décision a été prise à Busan, en Corée du Sud, lors d’une réunion où la Corée elle-même a poussé pour une plus grande représentation de son propre patrimoine sur la liste. Le travail du comité de l’UNESCO est toujours politique, mais les sites d’Asuka-Fujiwara ont gagné leur place par leur mérite historique. Ils constituent le témoignage archéologique d’une civilisation en formation et désormais, officiellement, une partie de l’héritage commun de l’humanité.

Traduit par Lydie

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