
Pendant trois jours d’affilee, la Roumanie a abattu un drone russe au-dessus de son territoire. La tendance est nouvelle. Les incursions, elles, ne le sont pas.
Un pilote roumain de F-16 a intercepte et detruit un drone a environ 12 kilometres au nord-est de Sulina, au-dessus des eaux territoriales roumaines de la mer Noire, a declare le ministere de la Defense dimanche. Le drone volait pres de la frontiere avec l’Ukraine, le meme couloir emprunte par les deux incursions precedentes. Des procureurs roumains ont examine les debris de l’interception de vendredi et ont confirme qu’il s’agissait d’un drone Shahed, un modele de fabrication iranienne que la Russie utilise quotidiennement contre l’Ukraine.
La premiere interception a eu lieu vendredi, a environ 114 kilometres de la capitale, Bucarest. La deuxieme, samedi, a 9,6 kilometres a l’ouest de Sfantu Gheorghe, dans le delta du Danube. Celle de dimanche etait la troisieme. Le president roumain Ilie Bolojan a qualifie ces intrusions d’« intolerables ». La Roumanie a convoque l’envoye russe, une demarche diplomatique qui a peu de poids quand les drones continuent d’affluer.
La Roumanie a detecte des dizaines d’incursions de drones russes depuis le debut de la guerre a grande echelle en 2022. Pendant la majeure partie de cette periode, elle s’est contentee de les surveiller. Les drones s’ecrasaient dans des zones inhabitees ou retournaient vers l’Ukraine. Cela a change en mai, lorsqu’un drone a frappe un immeuble residentiel dans la ville frontaliere de Galati, blessant deux personnes, la premiere fois qu’une zone civile d’un pays de l’OTAN etait touchee par un drone russe. Le Parlement roumain a adopte une loi autorisant l’armee a abattre les drones intrus.
Des lors, elle utilise cette autorite chaque jour.
Cette tendance souleve une question que l’OTAN evite depuis des annees. Si un drone russe peut penetrer l’espace aerien roumain trois fois en trois jours, quelle est la veritable reponse de l’Alliance ? Jusqu’ici, la reponse est : un F-16 par drone, et une convocation de l’ambassadeur russe. C’est plus que ce que la Roumanie faisait avant mai, mais c’est toujours moins qu’une defense au titre de l’article 5 dans la pratique. C’est reactif, pas preventif.
La Roumanie est membre de l’OTAN. Elle heberge une base de defense antimissile alliee et sert de plaque tournante pour le transit des armes occidentales vers l’Ukraine. Les drones russes n’ont pas besoin de toucher une ville roumaine pour demontrer que les frontieres de la guerre sont plus larges que les lignes de front dans l’est de l’Ukraine. Ils ont deja fait valoir ce point en franchissant la ligne trois jours de suite.
Traduit par Lydie

