Rubio dit que les États-Unis sont « avec l’ASEAN à 100 %. » De nouveaux droits de douane envoient un signal différent

Les États-Unis ont frappé sept pays d’Asie du Sud-Est avec une nouvelle vague de droits de douane samedi. La veille, le secrétaire d’État Marco Rubio s’est tenu à Manille et a déclaré aux ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN que Washington était « avec l’ASEAN à 100 %. »

L’écart entre le message et l’action est suffisamment large pour que les analystes de la région aient commencé à l’appeler par son nom : un problème de crédibilité.

Les nouveaux droits s’appliquent au Vietnam, à la Thaïlande, à l’Indonésie, à la Malaisie, au Cambodge, au Laos et au Myanmar — une vague qui couvre presque toutes les économies de l’ASEAN. La raison invoquée est de réprimer les marchandises chinoises transbordées par l’Asie du Sud-Est pour éviter les droits de douane américains sur les importations directes chinoises. Mais l’effet est de punir les mêmes pays que l’administration dit vouloir comme partenaires dans l’Indo-Pacifique.

Cette nouvelle vague de droits de douane américains qui frappe sept pays d’Asie du Sud-Est devrait renforcer les perceptions de Washington comme un partenaire peu fiable dans la région, selon les analystes.

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La déclaration de Rubio sur les « 100 % » est intervenue lors des réunions ministérielles de l’ASEAN à Manille, où il a présenté le discours américain standard : les États-Unis sont un partenaire fiable, un garant de sécurité et une présence économique à long terme dans la région. L’annonce des droits de douane qui a suivi, sans avertissement préalable ni consultation avec les capitales de l’ASEAN, a sapé le message avant même que l’encre diplomatique ne sèche.

Pour l’ASEAN, la dynamique est familière. Washington courtise la région quand il a besoin d’alliés contre la Chine, puis la frappe de sanctions commerciales quand la politique intérieure exige des gestes protectionnistes. Ce schéma s’est accéléré sous Trump, dont les droits de douane de premier mandat sur les produits chinois ont été suivis d’une expansion au second mandat qui couvre désormais une grande partie de l’Asie du Sud-Est comme sous-produit de la campagne anti-transbordement.

Le résultat est que la Chine — qui a ses propres pratiques commerciales agressives — peut se présenter comme le partenaire le plus prévisible. Pékin offre à l’ASEAN un accès à son marché sans chocs tarifaires soudains et signe des accords d’infrastructure qui, quelles que soient leurs conditions, arrivent à l’heure prévue. Les États-Unis offrent des engagements sécuritaires et des sanctions commerciales la même semaine.

Les analystes affirment que la vague de droits de douane renforcera les perceptions de Washington comme un partenaire peu fiable, en particulier parmi les gouvernements de l’ASEAN qui tentent d’équilibrer l’approfondissement des liens économiques avec la Chine et leur désir d’un contrepoids américain crédible. Le message des États-Unis devient difficile à traduire : « Nous voulons être votre partenaire — mais nous taxerons aussi vos exportations sans préavis. »

Traduit par Lydie

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