Trump frappe 60 pays de droits de douane de 10 % dans une extension massive de la guerre commerciale

L’administration Trump a lancé un nouveau front dans sa guerre commerciale mondiale jeudi, imposant des droits de douane de 10 à 12,5 % sur les importations en provenance de 60 pays, couvrant presque tous les biens que les États-Unis achètent à l’étranger.

Les nouveaux droits entrent en vigueur juste après minuit vendredi, remplaçant un précédent ensemble de tarifs globaux qui devaient expirer. La justification officielle, annoncée par le représentant américain au Commerce, est que ces 60 nations ont insuffisamment appliqué les interdictions portant sur les biens produits par le travail forcé.

La logique réelle est plus large. Les 60 pays ciblés représentent environ 99 % des importations américaines. Il ne s’agit pas d’une frappe chirurgicale contre des nations fautives, mais d’un impôt général sur le monde.

« Le président Trump va de l’avant avec de nouveaux droits de douane à deux chiffres sur des dizaines de partenaires commerciaux des États-Unis alors que le temps presse sur ses droits temporaires globaux », a rapporté NPR depuis Washington.

If our reporting has earned your trust, consider helping us continue our work.

Soutenir 1ban.news

Les taux varient selon les pays. La fiche d’information de l’USTR mentionne « 10 à 12,5 % » selon le partenaire commercial, l’administration affirmant que ces taux correspondent au niveau de conformité de chaque pays en matière de lutte contre le travail forcé. En pratique, le mécanisme est opaque et les taux semblent avoir été fixés par des négociations internes plutôt que par un quelconque standard objectif.

Les marchés s’attendaient à cette mesure. Le S&P 500 a chuté de 1,8 % dans les échanges de l’après-midi jeudi, et les marchés asiatiques devraient ouvrir en baisse vendredi. Les chaînes d’approvisionnement manufacturières, qui ont passé les quatre dernières années à s’adapter au régime tarifaire de Trump, doivent désormais faire face à une nouvelle restructuration.

Les pays les plus touchés incluent la Chine, les plus grandes économies de l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam, l’Inde, le Mexique et le Canada, soit tous les grands partenaires commerciaux des États-Unis. Les seules exceptions notables sont les pays que l’administration a désignés comme exempts de droits de douane dans le cadre d’accords bilatéraux distincts.

La justification du travail forcé entraîne des conséquences concrètes au-delà du commerce. Les pays qui reçoivent une faible note de conformité peuvent également subir des dommages réputationnels sur d’autres marchés, et la structure tarifaire donne à l’administration un levier pour exiger des partenaires commerciaux des changements de politique sur des questions allant bien au-delà de l’application des lois sur le travail.

Pour les consommateurs américains, l’effet est différé mais prévisible. Les droits de douane sont payés par les importateurs, pas par les pays étrangers. Ces coûts sont répercutés tout au long de la chaîne d’approvisionnement et finissent par atteindre les prix de détail. Les économistes s’attendent à ce que ce nouveau cycle ajoute environ 0,3 à 0,5 point de pourcentage à l’inflation sous-jacente au cours des six prochains mois, à un moment où la Réserve fédérale tente encore de faire baisser l’inflation.

La Maison-Blanche parie que les électeurs créditeront Trump d’avoir protégé les emplois américains plutôt que de le blâmer pour la hausse des prix. Ce pari a déjà payé par le passé. Mais chaque nouveau cycle de droits de douane rend l’économie plus difficile à gérer, et le poids cumulatif des barrières commerciales désormais en place est sans précédent depuis l’ère Smoot-Hawley.

Traduit par Lydie

Scroll to Top