Un F-16 ukrainien abat un Su-35 russe lors d’un combat aérien historique, confirme Washington

Un F-16 ukrainien a abattu un chasseur Su-35 russe en combat aérien, la première victoire aérienne confirmée d’un appareil fourni par l’Occident depuis leur arrivée en Ukraine il y a deux ans.

La confirmation n’est pas venue de Kyiv, mais de Washington. Le général Dan Caine, chef d’état-major des armées américaines, a déclaré devant la commission des crédits du Sénat le 21 juillet qu’« un F-16 ukrainien a abattu un chasseur russe », ce qu’il a qualifié de premier engagement aérien de ce type.

« Nous avons récemment assisté au premier engagement aérien au cours duquel un F-16 ukrainien a abattu un chasseur russe », a déclaré Caine. « Leur capacité à déployer une défense en couches a beaucoup progressé ces dernières années. »

Ce qui s’est passé, et quand

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L’engagement a eu lieu le 8 juillet 2026 sur le front est. L’emplacement exact reste classifié.

Selon la chaîne Telegram russe « Fighter-Bomber », qui a des liens avec des unités de première ligne des forces aérospatiales russes et a déjà rapporté de manière fiable des pertes russes, le Su-35 a été attiré dans un piège. Trois appareils ukrainiens, deux F-16 et un troisième avion non identifié, étaient impliqués, opérant en coordination avec une batterie de défense aérienne Patriot.

Le pilote du Su-35 russe, volant seul, a tenté d’intercepter ce qui semblait être un avion ukrainien simulant une attaque de bombes planantes. Au lieu de cela, il a pénétré dans une zone d’engagement. Les F-16, volant à très basse altitude pour rester sous la couverture radar russe, ont engagé le combat avec ce qui serait un missile AIM-120 AMRAAM.

Fighter-Bomber a reconnu la perte, inhabituel pour une chaîne qui célèbre habituellement les succès russes, et a suggéré que le pilote russe avait survécu et été secouru. Des images de drone publiées plus tard par des comptes de renseignement open source montraient les débris du Su-35 au sol, la cellule clairement identifiable.

Pourquoi cela importe

Jusqu’à présent, les F-16 ukrainiens étaient utilisés presque exclusivement pour la défense aérienne, l’interception de drones Shahed et de missiles de croisière, et pour des frappes au sol à distance. Ils opéraient sous des restrictions strictes, en partie à cause du risque de perdre un actif précieux, en partie parce que les défenses aériennes russes rendaient l’espace aérien au-dessus de la ligne de front extrêmement dangereux.

Cette victoire change ce calcul.

Le Su-35 est le chasseur opérationnel le plus avancé de Russie, une cellule de quatrième génération-plus avec une super-manœuvrabilité et un radar puissant. Il a été le principal atout polyvalent de l’armée de l’air russe, menant à la fois des missions air-air et de suppression des défenses aériennes. En perdre un face à un F-16 ukrainien, un design américain des années 1980 piloté par un pilote formé en France et opérant avec des missiles standard OTAN, est un embarras pour Moscou et un regain de moral pour Kyiv.

Cela valide également le concept tactique que l’Ukraine développe : utiliser des F-16 à basse altitude en conjonction avec la défense aérienne au sol pour créer des zones d’engagement que les pilotes russes ne peuvent pas pénétrer en toute sécurité. La batterie Patriot, selon les rapports, fournissait l’image radar tandis que les F-16 exécutaient le tir.

Le long chemin jusqu’à ce moment

L’Ukraine a passé près de deux ans à faire pression pour obtenir des F-16 avant l’arrivée du premier appareil en août 2024, fourni par la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège. Les pilotes se sont entraînés aux États-Unis et en Europe, notamment en France. Les appareils eux-mêmes sont des modèles plus anciens, la plupart construits entre 1982 et 1990 et modernisés entre 2000 et 2015, mais ils transportent des armes modernes : missiles guidés par radar AIM-120 AMRAAM, missiles infrarouges AIM-9X et IRIS-T, et munitions de précision pour l’attaque au sol.

L’Ukraine devrait recevoir environ 100 F-16 au total. Chacun a été minutieusement réparé, modernisé et livré par lots. Cette victoire est le premier retour sur investissement.

La version russe

Les chaînes de propagande russes ont d’abord affirmé que le Su-35 avait été abattu par une batterie Patriot, et non par un F-16. La logique était stratégique : perdre un Su-35 à cause d’un missile sol-air est grave mais compréhensible ; en perdre un face à un F-16 piloté par un Ukrainien dans un combat aérien est une catégorie d’échec complètement différente. Le témoignage de Caine devant le Sénat contredit directement ce récit.

Le propre récit de Fighter-Bomber soutient la version du F-16. La chaîne a décrit une embuscade coordonnée dans laquelle le pilote russe « a agi de manière prévisible » tandis que les Ukrainiens non, ajoutant que « notre chasseur a hésité à engager deux F-16 tout seul ».

« Tout le monde est vivant et en bonne santé », a conclu la chaîne. « ‘Kanatovo’ devra faire face à des conséquences », une référence à la base d’attache du pilote, suggérant qu’une action disciplinaire est attendue.

Et ensuite

Une victoire ne transforme pas la guerre aérienne. La Russie conserve un avantage quantitatif en matière d’avions de combat et exploite des systèmes de missiles sol-air qui empêchent les chasseurs ukrainiens d’opérer librement. La flotte de F-16 est petite et les stocks de missiles, en particulier les AIM-120 AMRAAM, sont limités.

Mais la barrière psychologique et tactique a été brisée. Les pilotes russes qui considéraient auparavant l’espace aérien au-dessus de l’est de l’Ukraine comme leur domaine savent désormais qu’il y a quelque chose de l’autre côté qui peut les tuer.

Traduit par Lydie

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