Les zones pilotes négociées par les États-Unis au Liban font face à un test de crédibilité avant même d’avoir commencé

Le plan négocié par les États-Unis visant à remettre des parties du sud du Liban au gouvernement libanais a lancé cette semaine ses premières « zones pilotes » dans trois villages : Froun, Srifa et Zawtar Al-Gharbiya. Il y a juste un problème. Les forces israéliennes n’en ont jamais occupé aucun.

« Ce sont des zones pilotes où Israël n’a jamais mis les pieds », a déclaré un habitant à Al Jazeera.

Réfléchissez à ce que cela signifie. Tout le concept de zone pilote est censé prouver que les Forces armées libanaises peuvent prendre le contrôle d’un territoire depuis Israël sans que le Hezbollah ne comble le vide. Les États-Unis ont investi des mois de diplomatie, de programmes de formation et de procédures de filtrage pour que cela fonctionne. Et le premier test consiste à remettre un terrain qu’Israël n’a jamais pris en premier lieu.

Le plan fonctionne ainsi. Dans le cadre du Cadre trilatéral, des unités de l’FAL filtrées, examinées par les États-Unis pour garantir l’absence de liens avec le Hezbollah, prennent le contrôle des zones désignées. Si les pilotes réussissent, le programme pourrait s’étendre aux territoires qu’Israël détient réellement. Israël maintient une présence sécuritaire dans une zone tampon tout en se retirant d’autres zones. Le Département d’État américain a qualifié le lancement d’« étape importante » et de « résultat direct des discussions de la semaine dernière entre Israël et le Liban à Rome ».

Mais un programme pilote qui ne teste rien n’est pas vraiment un programme pilote. C’est du théâtre.

Le choix de villages non occupés sert un but pour toutes les parties impliquées. Israël peut dire qu’il se retire sans céder de terrain. Les États-Unis peuvent déclarer des progrès. Le gouvernement libanais peut planter son drapeau quelque part. L’FAL peut poser pour des photos. Et le Hezbollah peut désigner tout l’exercice et demander : quel était exactement le but ?

Le vrai test, la remise d’un territoire qu’Israël occupe réellement, n’a pas été programmé. Les parties ne se sont pas non plus mises d’accord sur les villages qui pourraient être éligibles. Les pourparlers de Rome ont fait des progrès sur la procédure mais pas sur le fond. Les zones pilotes sont le fond que tout le monde a accepté d’éviter d’affronter.

Washington fait un travail authentique ici. Il forme des troupes libanaises, les filtre pour détecter tout lien avec le Hezbollah et construit un pipeline qui pourrait, en théorie, permettre une véritable restauration de la souveraineté. Ce travail compte. Mais lancer le programme dans des villages qui n’ont jamais été occupés envoie un message : ce processus est conçu pour survivre à ses propres tests, pas pour résoudre le problème.

Pour les habitants de Froun, Srifa et Zawtar Al-Gharbiya, le retour est réel indépendamment de la politique. Mais pour tous ceux qui observent si ce cadre peut réellement mettre fin à l’occupation israélienne du sud du Liban, les zones pilotes sont une question déguisée en réponse.

Traduit par Lydie

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