
La guerre américano-iranienne est revenue exactement à son point de départ. L’Iran a juré dimanche qu’« aucune goutte » de pétrole ou de gaz ne transiterait par le détroit d’Ormuz si l’agression américaine se poursuivait, alors que l’armée américaine achevait sa neuvième nuit consécutive de frappes contre des cibles iraniennes.
La déclaration iranienne émane d’un haut responsable qui a affirmé que Téhéran bloquerait entièrement la voie navigable, la même menace qui avait précédé l’escalade du conflit il y a des mois. Le prix du pétrole a dépassé 90 dollars le baril en réaction, et une agence maritime a signalé un navire en feu dans le détroit.
Retour à la case départ.
La guerre a commencé le 28 février par des frappes conjointes américaines et israéliennes sur l’Iran. La raison invoquée : empêcher l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transitait autrefois un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. Un cessez-le-feu intérimaire de 60 jours le mois dernier devait produire une fin permanente des combats. Au lieu de cela, la trêve a échoué, les deux camps ont repris les attaques, et l’Iran profère aujourd’hui la même menace qui a tout déclenché.
Rien n’a été résolu. Le détroit est aujourd’hui moins ouvert qu’avant le début de la guerre. Les prix du pétrole sont plus élevés. Dix-sept militaires américains sont morts. Plus de 430 ont été blessés. Le guide suprême iranien est mort. Les infrastructures iraniennes sont en ruines. Et le différend fondamental, savoir si l’Iran peut ou non fermer le détroit, reste exactement où il en était au premier jour.
L’armée américaine affirme qu’elle « tient l’Iran pour responsable » et a frappé plus de 300 sites militaires iraniens, notamment des systèmes de défense aérienne, des installations radar, des sites de lancement de missiles et des infrastructures de surveillance côtière. Le président Trump a déclaré que les frappes étaient menées « en l’honneur » des militaires américains tués.
La direction iranienne, quant à elle, a durci sa position. Le guide suprême Mojtaba Khamenei a mis en garde contre des « leçons inoubliables » si les États-Unis continuent d’attaquer. Un négociateur iranien a déclaré que Téhéran suspendait ses engagements envers l’accord intérimaire et accusait les États-Unis de le violer.
Le cycle est désormais complet : l’Iran menace de fermer le détroit, les États-Unis frappent, l’Iran riposte, les États-Unis frappent à nouveau, l’Iran menace de fermer le détroit à nouveau.
La seule chose qui a changé, c’est le coût. La guerre qui devait être limitée s’est étirée jusqu’à son cinquième mois. Le cessez-le-feu qui devait produire la paix a produit davantage de guerre. Et le détroit qui devait être rouvert est, selon les propres termes de l’Iran, fermé. La question à laquelle personne à Washington ne semble pouvoir répondre est de savoir ce qui vient après la case départ.
Traduit par Lydie

