
Des chercheurs analysant des images de la mission New Horizons de la NASA ont découvert six glissements de terrain massifs sur Pluton, certains assez grands pour ensevelir une petite ville, selon une étude publiée dans la revue Icarus.
Les glissements de terrain ont été trouvés le long des parois internes de trois cratères sur le bord ouest de Sputnik Planitia, la vaste plaine de glace d’azote en forme de cœur qui domine la surface de Pluton. Les caractéristiques ont été identifiées dans des images capturées par l’instrument LORRI (Long-Range Reconnaissance Imager) lors du survol de la planète naine par New Horizons le 14 juillet 2015, qui reste la seule rencontre rapprochée avec Pluton dans l’histoire de l’exploration spatiale.
Le plus grand des éboulis couvre environ 130 kilomètres carrés, assez pour ensevelir une grande ville. Les glissements ont parcouru entre 10,1 et 14,5 kilomètres depuis leur source, avec une dénivellation allant jusqu’à 2,2 kilomètres dans le cas du glissement dans le cratère Coughlin.
Ces glissements de terrain comptent parmi les plus mobiles du système solaire, conséquence de la faible gravité de Pluton et des propriétés de faible friction de ses débris glacés. Les débris sont constitués en grande partie de blocs de glace solide qui ont roulé sur de grandes distances plutôt que de s’arrêter près de leurs falaises d’origine.
Les six glissements sont répartis sur trois cratères. Le cratère Coughlin en contient un. Le cratère Giclas en abrite deux. Un cratère sans nom près de la région contient les trois restants. Chaque glissement provient d’une paroi concave bien définie, avec des éboulis s’étalant à la base en dépôts bosselés caractéristiques de gros blocs de glace.
Les chercheurs ont identifié deux mécanismes déclencheurs probables. Le glissement du cratère Coughlin a probablement été causé par un impact secondaire sur le bord du cratère, où des débris d’un autre impact ont frappé la zone. Les cinq autres glissements pourraient être provoqués par des contraintes thermiques dans la glace de surface de Pluton. Alors que Pluton parcourt son orbite elliptique, qui la rapproche périodiquement du Soleil plus que Neptune, de légers changements de température provoquent la sublimation puis la recondensation de glaces volatiles comme l’azote moléculaire, le monoxyde de carbone et le méthane. Ce cycle répété contraint la surface glacée, déclenchant finalement des effondrements le long des parois des cratères.
Cette découverte revêt une importance plus large pour la compréhension de l’activité géologique de Pluton. La présence de glissements de terrain relativement récents indique que la planète naine reste géologiquement active sur des échelles de temps géologiquement récentes, même si l’activité se déroule sur des milliers ou des millions d’années plutôt que sur des échelles humaines.
New Horizons n’a capturé qu’une fraction de la surface de Pluton lors de son bref survol. La sonde a photographié l’hémisphère qui faisait face au Soleil au moment de l’approche la plus proche, laissant l’autre côté inexploré. Les scientifiques soupçonnent que d’autres preuves de glissements de terrain existent dans d’autres cratères, mais une confirmation nécessiterait une mission de suivi avec une meilleure couverture d’imagerie.
L’étude s’ajoute à un nombre croissant de preuves que Pluton, loin d’être un monde gelé inerte, abrite des processus géologiques dynamiques, notamment l’écoulement glaciaire, le cryovolcanisme et désormais le déplacement massif de terrain. Les résultats ont été publiés dans Icarus par des chercheurs analysant les images LORRI à la plus haute résolution, qui peuvent résoudre des caractéristiques aussi petites que 300 mètres de large.
Traduit par Lydie

