L’économie spatiale mondiale a atteint 600 milliards d’euros en 2025, les investissements privés ont bondi de 60 %, selon un rapport de l’ESA

L’économie spatiale mondiale a atteint 600 milliards d’euros en 2025, les investissements privés ont bondi de 60 %, selon un rapport de l’ESA

Image à la une : Graphique de couverture du rapport 2026 de l’ESA sur l’économie spatiale ; crédit : ESA

L’économie spatiale mondiale a atteint environ 600 milliards d’euros en 2025, portée par une hausse record des investissements privés et une croissance accélérée des dépenses publiques spatiales en Europe, selon le rapport 2026 de l’Agence spatiale européenne sur l’économie spatiale, publié le 14 juillet.

Les investissements privés dans les entreprises spatiales ont atteint 11,7 milliards d’euros dans le monde, soit une augmentation de 60 % par rapport à 2024, le total annuel le plus élevé jamais enregistré, dépassant même le pic du boom des SPAC de 2021. Cette hausse s’est concentrée aux États-Unis, qui ont enregistré une augmentation de 177 %, tandis que l’Europe a connu un modeste recul de 8 % à 1,4 milliard d’euros, soit tout de même le deuxième total annuel le plus élevé du continent.

Le rapport, qui s’appuie sur des données de l’OCDE, d’Eurostat, de Novaspace, d’Eurospace, de l’Institut européen de politique spatiale et de l’EUSPA, offre un aperçu complet d’un secteur qui dépasse largement la croissance économique mondiale.

Tendances des investissements publics

Les investissements publics mondiaux dans l’espace ont atteint 119 milliards d’euros, soit une baisse de 3 % par rapport à 2024, mettant fin à une série de croissances à deux chiffres. Les États-Unis restent l’acteur dominant avec 58 % des dépenses publiques mondiales, avec un budget spatial de défense de 46 milliards d’euros qui croît à un taux annuel composé de 12 % sur cinq ans.

Pour la première fois sur une période soutenue, la défense représente désormais 53 % des budgets spatiaux mondiaux, dépassant les dépenses civiles. L’initiative américaine de défense antimissile Golden Dome, approuvée à un coût estimé d’environ 24 milliards de dollars initialement, avec des estimations totales du programme allant de 185 milliards à 1 200 milliards de dollars, est un moteur majeur. L’Europe emboîte le pas : l’Allemagne a annoncé un plan d’investissement de 35 milliards d’euros pour la sécurité et la défense spatiales d’ici 2030, tandis que la France a ajouté 4,2 milliards d’euros d’investissements spatiaux militaires pour 2026 à 2040.

Les investissements publics de la Chine représentaient 15 % du total mondial, bien que le rapport précise que ces chiffres sont probablement sous-estimés en raison de la parité de pouvoir d’achat et de la disponibilité limitée des données.

La part croissante de l’Europe

Les investissements publics spatiaux européens ont augmenté de 12 % en 2025 pour atteindre 13,5 milliards d’euros, la première croissance à deux chiffres en cinq ans, portant la part de l’Europe dans les dépenses publiques mondiales de 10 à 11 %. Contrairement à la situation mondiale, 84 % du budget spatial européen reste civil, reflétant le modèle institutionnel traditionnel du continent.

Les maîtres d’œuvre européens ont capté 10 % du marché mondial de l’amont, représentant 65 % du marché accessible aux lanceurs européens. Le marché aval, dominé par les services de navigation par satellite à 77 %, reste le plus grand secteur spatial européen en termes de revenus. Les communications par satellite représentent 22 %, menées par les services à large bande, dont Starlink, qui a atteint 2 millions d’abonnés en Europe fin 2025. L’observation de la Terre représente 1 %.

L’industrie spatiale européenne en amont employait environ 68 000 personnes en 2025, soit une augmentation de 2 %, avec des ventes en amont atteignant 10,9 milliards d’euros.

Activité de lancement et satellites

Un nombre record de 324 lancements orbitaux ont eu lieu en 2025, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2024, dont 122 missions Starlink auto-approvisionnées. Au total, 4 556 satellites ont été lancés, soit une hausse de 58 %, avec une masse combinée de 2 730 tonnes, en hausse de 31 %. Le marché de l’amont, couvrant la fabrication et les services de lancement, a atteint 75 milliards d’euros, soit une augmentation de 20 %.

Vue d’ensemble

Le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher, a décrit l’économie spatiale comme l’un des secteurs connaissant la croissance la plus rapide au monde, avec un taux de croissance annuel de 10 % et des projections pointant vers 1 800 milliards d’euros dans les décennies à venir. Une conclusion clé du rapport est l’importance croissante des technologies à double usage : les systèmes spatiaux qui servent à la fois des fins civiles et de défense, que l’ESA structure de plus en plus pour les accueillir.

« Si vous investissez un euro dans l’espace, nous estimons qu’environ cinq à sept euros reviennent dans l’économie », a déclaré Aschbacher dans un récent entretien, citant l’analyse du multiplicateur économique de l’ESA.

Le rapport 2026 sur l’économie spatiale est la dernière édition de la série annuelle de l’ESA visant à aider les décideurs politiques, l’industrie et les parties prenantes à suivre l’état et la trajectoire du secteur spatial mondial.


Source : 1ban.news – Space Desk

Traduit par Lydie

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