Des responsables de Trump accusés de remplir le CSB de « porte-parole » de l’industrie

L’administration Trump a rempli le US Chemical Safety and Hazard Investigation Board (CSB) de nominations alignées sur l’industrie qui présentent une série de conflits d’intérêts financiers et qui pourraient profiter de la déréglementation, selon une enquête du Guardian.

Le CSB est une petite agence fédérale indépendante créée par le Clean Air Act de 1990 pour enquêter sur les accidents chimiques majeurs, les explosions d’usines, les déversements toxiques et autres catastrophes industrielles, et recommander des correctifs de sécurité. Il n’a aucune autorité réglementaire. Son seul pouvoir est d’enquêter et de publier ses conclusions.

Cette indépendance en a fait une cible. Trump a proposé d’éliminer le CSB à quatre reprises, trois fois lors de son premier mandat et une fois lors de son mandat actuel, arguant qu’il double le travail de l’Occupational Safety and Health Administration et de l’Environmental Protection Agency. Chaque fois, le Congrès a refusé de suivre.

Aujourd’hui, avec la Chambre et le Sénat sous contrôle républicain, l’administration a adopté une approche différente : plutôt que de tuer le conseil, elle le remplit de personnes qui partagent l’hostilité de l’industrie envers la réglementation de la sécurité.

Conflits d’intérêts

Le Guardian a rapporté que plusieurs nominations de Trump au CSB ont des liens financiers directs avec les industries chimiques et des combustibles fossiles qu’elles sont censées enquêter. Une nomination est un scientifique dont la recherche a été financée par des entreprises chimiques. Un autre a travaillé comme consultant pour des entreprises cherchant à affaiblir les règles de sécurité.

Les critiques affirment que les candidats ne sont pas choisis pour leur expertise en matière de prévention des catastrophes chimiques, mais pour leur volonté de minimiser les risques et de bloquer les enquêtes agressives.

« L’administration place des porte-parole de l’industrie dans un conseil censé tenir l’industrie responsable », a déclaré un ancien membre du personnel du CSB qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

Les deux membres actuels du conseil, Steve Owens et Sylvia Johnson, tous deux nommés sous l’ère Biden, ont riposté. Plus tôt cette année, ils ont publiquement averti l’Environmental Protection Agency de ne pas revenir sur les règles relatives aux catastrophes chimiques introduites sous l’administration Biden, qualifiant cela de « recul significatif » pour la sécurité publique.

Mais leurs mandats sont limités. Le CSB est conçu pour avoir cinq membres. L’administration Trump contrôle désormais le processus de nomination pour tout poste vacant, ce qui signifie que l’indépendance du conseil pourrait être éliminée sans que le Congrès ait à voter.

Les enjeux

Le CSB a enquêté sur certaines des pires catastrophes industrielles de l’histoire américaine, notamment l’explosion de l’usine d’engrais de West, au Texas, en 2013 qui a tué 15 personnes, et l’incendie de la raffinerie de Philadelphie en 2019. Ses recommandations de sécurité ont conduit à des changements dans la manière dont les usines chimiques manipulent les matières dangereuses.

Sans un CSB fonctionnel et indépendant, ces enquêtes reviendraient à l’EPA et à l’OSHA, des agences qui rédigent les mêmes règlements que le CSB est censé contribuer à appliquer. L’indépendance du conseil est sa raison d’être. Si cette indépendance est remplacée par la loyauté envers l’industrie, le conseil existera peut-être encore de nom, mais son objectif sera mort.

Traduit par Lydie

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