
Des drones et missiles russes ont tué quatre personnes en Ukraine dans la nuit, tandis que des frappes ukrainiennes sur le territoire russe et dans les parties occupées de l’Ukraine ont fait cinq morts, portant le bilan total à neuf dans la dernière série d’attaques mutuelles.
Cet échange souligne une réalité sinistre plus de quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie : aucun des deux camps ne peut protéger sa population des armes à longue portée de l’autre. Et pour l’Ukraine, le problème s’aggrave.
L’Ukraine est particulièrement vulnérable aux missiles balistiques russes en raison d’une pénurie critique de munitions Patriot. Les systèmes de défense aérienne américains ont été le bouclier le plus efficace de l’Ukraine contre les missiles russes Kinzhal et Iskander, qui voyagent à des vitesses que les autres systèmes ukrainiens, l’IRIS-T allemand et le NASAMS norvégien, peinent à intercepter. Ces systèmes à plus courte portée n’ont pas la capacité du Patriot d’engager les missiles balistiques à haute altitude, ce qui signifie que davantage passent à travers.
La pénurie de Patriot n’est pas nouvelle. Des experts militaires ont prévenu il y a des mois que l’Ukraine pourrait faire face à un déficit d’un à trois mois, surtout alors que les tensions au Moyen-Orient détournent la production américaine. Les États-Unis redirigent les missiles Patriot vers le Moyen-Orient pour soutenir les opérations contre l’Iran et protéger les bases américaines dans le Golfe, resserrant l’approvisionnement pour l’Ukraine.
Le président Volodymyr Zelensky a insisté sur le fait que les États-Unis n’ont pas interrompu les livraisons. Mais les chiffres racontent une autre histoire. La Russie exploite les failles, lançant des vagues de barrages de missiles et de drones que les défenses aériennes ukrainiennes ne parviennent de plus en plus à arrêter complètement.
Les attaques de lundi, qui ont tué 22 personnes à Kyiv seulement, ont été une démonstration brutale. La Russie cible systématiquement les infrastructures énergétiques et les zones résidentielles de l’Ukraine, testant où la couverture de défense aérienne s’est amincie.
L’Ukraine n’est pas restée inactive. Son programme de drones a considérablement mûri, frappant des raffineries de pétrole et des dépôts militaires russes à des centaines de kilomètres à l’intérieur du territoire russe. Ces frappes ont forcé la Russie à redéployer ses défenses aériennes pour protéger les infrastructures nationales, amincissant la couverture sur les lignes de front. Mais les drones ukrainiens, bien qu’efficaces, ne peuvent égaler la puissance destructrice d’un missile balistique russe.
Le résultat est une guerre d’usure dans les airs. La Russie lance, l’Ukraine intercepte ce qu’elle peut, et les civils paient le prix pour chaque missile qui passe. Avec les approvisionnements en Patriot serrés par deux guerres, l’une en Ukraine, l’autre au Moyen-Orient, les semaines à venir risquent d’apporter davantage de la même chose.
Traduit par Lydie

