Des craintes d’une reprise de la guerre en Iran alors que les États-Unis frappent des cibles militaires et civiles

Les États-Unis ont considérablement intensifié leur campagne militaire contre l’Iran, frappant environ 140 cibles à travers le pays tôt dimanche après qu’une attaque iranienne a incendié un porte-conteneurs battant pavillon chypriote dans le détroit d’Ormuz. L’ampleur de l’assaut suscite la crainte que le cessez-le-feu déjà chancelant ne s’effondre en une guerre de grande ampleur.

Le Commandement central américain a déclaré que ses forces ont frappé des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers et des moyens de surveillance, des installations de stockage de missiles et de drones, des capacités navales et des infrastructures logistiques le long de la côte iranienne. Des explosions ont été signalées à Bandar Abbas, Sirik, l’île de Qeshm, Konarak et Chabahar. Les médias d’État iraniens ont également fait état d’explosions sur l’île de Kharg, principal terminal d’exportation de brut du pays qui gère 90 % des expéditions de pétrole, bien que le CENTCOM n’ait pas confirmé de frappes sur ce site.

Les frappes surviennent après que l’Iran a attaqué trois navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz plus tôt cette semaine. Une attaque a incendié un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, forçant son équipage à abandonner le navire. L’Iran a déclaré qu’il considère à nouveau le détroit fermé après qu’un navire empruntant une « route non autorisée » a été touché par un tir de sommation dans cette voie navigable critique.

Trump a déclaré le cessez-le-feu de trois semaines « terminé » plus tôt cette semaine, révoquant la dérogation sur les ventes de pétrole qui constituait la principale incitation pour l’Iran à respecter le protocole d’accord du 14 juin. Dans le cadre de cet accord, l’Iran avait prudemment repris ses exportations de pétrole, environ une douzaine de cargaisons de GNL ont quitté le détroit entre le 10 juin et le 6 juillet. Mais l’Iran a également insisté sur le fait que tout navire commercial empruntant des routes non coordonnées avec Téhéran constituait une cible légitime, faisant des Gardiens de la révolution iraniens le gardien de facto de la voie navigable.

Le bilan humanitaire s’alourdit. La télévision d’État iranienne n’a fait état d’aucun mort civil mais a indiqué que plusieurs personnes ont été blessées par des éclats d’obus provenant d’un projectile ayant touché un quai commercial à Sirik. Des quais de pêche à Sirik et Bandar Abbas ont également été endommagés. Les États-Unis n’ont pas publié leurs propres chiffres de pertes.

La crise du détroit d’Ormuz a des implications mondiales. Environ un cinquième de tout le pétrole et le gaz naturel échangés transitaient par cette voie navigable avant la guerre. Les prix mondiaux du pétrole, qui ont culminé à 120 $ le baril pendant le conflit initial, ont baissé mais restent volatils. Les Nations Unies et plusieurs États du Golfe ont appelé à la retenue, mais ni Washington ni Téhéran ne semblent prêts à reculer.

Le nouveau guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, n’a pas commenté publiquement les dernières frappes. Mais l’envoyé iranien à l’ONU a déclaré cette semaine que « toute activité dans le détroit d’Ormuz, y compris son ouverture ou ses opérations de déminage, relève exclusivement de l’Iran », une position qui contredit directement l’exigence américaine que le détroit soit traité comme une voie navigable internationale.

Les canaux diplomatiques restent ouverts mais tendus. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, devait discuter du détroit avec son homologue omanais. Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré qu’il pensait qu’« une solution peut être trouvée » ce week-end. Mais avec les États-Unis frappant 140 cibles en une seule journée et l’Iran refusant de céder le contrôle du détroit, ces efforts diplomatiques ressemblent de plus en plus à un spectacle secondaire.

Traduit par Lydie

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